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Projet d’intention pour le développement de l’ORT : Entre vision politique et posture subjective

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Projet d’intention pour le développement de l’ORT

Un premier socle : une visée politique

  • Entre vision politique…

La raison d’être de l’ORT est de contribuer à faire émerger, là où elle n’existe pas, et à nourrir une vision politique des enjeux du travail, par une prise de conscience, la mise en débat et la conceptualisation, par et avec tous les protagonistes concernés, de ce que l’activité de travail représente pour le développement humain et social.

Ce qui motive les adhérents de l’ORT à faire vivre notre association nait du constat d’un véritable « gâchis » des potentialités de vie et d’épanouissement (psychique, social, économique), que témoignent les nouvelles formes de troubles du travail (TMS, risques psychosociaux, nouvelles formes de pénibilité, etc.), du fait du traitement qui est réservé aujourd’hui au travail vivant et à la place de l’activité dans les rapports sociaux et dans les organisations (entreprises, institutions, administrations). Face à ce constat, nous refusons à la fois la posture de ceux qui acceptent un « état de fait » qui écarte toute initiative d’action et l’attitude de ceux qui se replient derrière une plainte qui les écarte de leur responsabilité d’action. Plus généralement, nous refusons de nous mettre dans la seule position critique, qui représente un obstacle à l’effort nécessaire pour identifier les « réserves d’alternatives » et envisager un progrès social fondé sur la prise en compte des valeurs attachées à l’activité.

La vision politique de l’ORT est ouverte et doit favoriser toutes les formes de confrontation et d’expérience pouvant contribuer à penser de telles alternatives. Cette vision repose néanmoins sur un socle commun, un espace de rencontres, de débats et d’interventions sociales faisant le lien entre les enjeux politiques et sociaux, des plus génériques au plus locaux, et les expériences singulières que mobilisent l’histoire et la subjectivité de chacun. Nul dogme politique, nul mot d’ordre n’est posé d’emblée, ni aucune prescription morale ne pèse sur les personnes investies dans le projet associatif. Seule fonde la convergence de notre engagement et de nos actes, la préoccupation partagée de relier ce qui relève de l’expérience du monde de chacun et ce qui relève d’un monde commun à construire, et de donner une place centrale à l’activité – entendue comme réappropriation permanente des savoirs et des normes pour constituer sa propre histoire, dans la confrontation au monde – dans ce qui permet de faire advenir ce lien, d’une manière favorable pour les individus et pour la société.

Comme l’écrivait Yves Schwartz dans le Manifeste, rédigé à la demande l’ORT en 2006, nous sommes engagés dans un « militantisme paradoxal » : « il s’agit de s’engager à prendre la mesure d’une réalité qui existe déjà, bien avant que l’on en parle ». Notre association vise à offrir des espaces, des dispositifs et un cadre de pensée vivants, multiformes et dynamiques pour permettre à chacun de « prendre la mesure » des formes d’engagement qui sont déjà là, dans toute activité véritablement investie, pour leur donner force et visibilité, et leur permettre de produire les transformations des modes de pensée et des modes de vie nécessaires à un progrès social renouvelé.

  • …et posture subjective

Cette position partagée redonne ainsi toute sa place à la posture subjective de chaque adhérent, et plus généralement de chaque être humain engagé dans l’action. L’association se veut un espace intermédiaire de rencontres, de soutien, de professionnalisation pour chacun, mais elle ne saurait pas être la source de références théoriques uniques, ni de valeurs éthiques stabilisées, ni de prescriptions d’actions univoques. Chaque adhérent, et plus largement toute personne souhaitant contribuer à la vie associative d’une façon ou d’une autre, est pris comme un sujet d’activité, avec des savoirs, une expérience et une inscription culturelle, des questionnements, une responsabilité vis-à-vis d’autrui et des désirs qui lui sont propres, qui fondent sa dignité humaine. La vie de l’association repose et se nourrit avant toute autre chose de cette posture et de cet élan personnel de chacun de ses membres, tout en contribuant à le construire, à l’entourer et à lui offrir des occasions de déploiement et donc de développement.

Chaque adhérent, et toute autre personne souhaitant travailler avec nous, est respecté dans ses prises de position, ses valeurs, ses propositions de contribution, sa pratique professionnelle, dans la mesure où il accepte d’adhérer au projet associatif et d’instaurer un lien de dialogue et de réciprocité sur tous les plans avec les autres personnes. La controverse intellectuelle, la confrontation des pratiques et la mobilisation de valeurs personnelles – activités indispensables au développement de notre projet – seront sous-tendues par ce respect mutuel.

L’association est sensible à l’aventure humaine que représente pour chacun sa propre trajectoire de vie, (personnelle, professionnelle, militante, politique) et elle se donne pour but de l’accompagner, l’alimenter et la faire partager avec d’autres personnes . Cette dimension temporelle, historique représente aussi la force d’une démarche collective ouverte à l’avenir, aux possibles que chacun sera en mesure d’inventer pour soi, avec d’autres, et de mettre en commun au bénéfice de tous.

La dynamique associative : l’accroissement d’un patrimoine vivant commun

L’ORT est à la fois :

  • un espace commun où se rencontrent et s’enrichissent des patrimoines d’activités
  • une dynamique qui accompagne des trajectoires singulières (des adhérents et de toute autre personne intéressée).

Le patrimoine associatif : un enchevêtrement de patrimoines d’activités

Le patrimoine associatif (un « patrimoine vivant commun »), que tous les adhérents sont appelés à utiliser, à mettre en circulation, à faire vivre et progresser, est constitué de trois registres distincts de patrimoines, issus d’activités et d’histoires à la fois proches et différentes, néanmoins enchevêtrés les uns dans les autres et ne pouvant exister que dans leurs multiples articulations internes :

  • le patrimoine conceptuel de l’ergologie (anciennement APST), issu de nombreux travaux de recherche-action et des rencontres rendues possibles grâce aux dispositifs de formation universitaires (le premier étant celui du Département d’ergologie de Aix ; aujourd’hui épaulé par d’autres lieux de formation) ;
  • le patrimoine de l’histoire et des rencontres créées par l’ORT, tout au long de plus de dix ans d’existence, à travers les travaux des instances dirigeantes, des groupes de travail, des universités d’été, des séminaires et des conférences, des cafés-ergo et de nombreux autres occasions de rencontres et de production suscitées par les adhérents, dont les archives de l’association gardent une trace précieuse et disponible ;
  • le patrimoine des expériences et des trajectoires singulières de tous les adhérents, quels que soient : leur ancienneté, leur qualification et leur métier, leur degré de connaissance du patrimoine conceptuel de l’ergologie et du patrimoine historique de l’ORT, le degré de leur disponibilité au sein de l’association, dans la mesure où ce que chacun apporte volontairement à l’association, ancré dans une histoire et dans une trajectoire, représente le terreau qui alimente la dynamique de développement de tous.

L’association vit des articulations et des interpellations réciproques entre ces trois registres qui constituent son patrimoine propre, sa richesse. Chaque registre étant ouvert aux autres, tout en leur permettant de se retravailler en permanence. Cela est vrai pour les nouveaux adhérents, dont l’expérience sera renforcée par une lecture à l’aune des concepts de l’ergologie, qui seront à leur tour réinterrogés dans leur capacité à s’ajuster aux nouvelles singularités ; cela est vrai pour l’expérience accumulée au sein de l’ORT, qui saura accompagner les tentatives de ses membres d’innover leurs pratiques, tout en s’enrichissant de leur retours d’expérience ; cela est vrai de la production de savoirs, que la prise en compte des évolutions du travail, à travers les confrontations et les réflexions portées par l’ORT, sauront orienter dans un sens de plus en plus pertinent pour comprendre la réalité.

Des dynamiques d’accompagnement de trajectoires singulières

Pour être « vivant », le patrimoine associatif a besoin d’être traversé et animé par des dynamiques et des formes d’action qui mobilisent l’ensemble des adhérents, à titre individuel ou dans le cadre de projets partagés.

L’ergologie n’étant pas un nouveau domaine de savoirs constitués, un nouveau métier, mais une posture, un regard sur l’activité – quelle qu’elle soit –, l’ORT ne peut agir en dehors de formes de couplage avec des disciplines, des professions, des métiers, des méthodes de travail consolidées ailleurs. C’est le sens du principe d’être « quelque chose – ergologue », qui implique à la fois une ouverture à ce « quelque chose » qui peut venir de toute part et une rencontre autour d’une même posture, d’une préoccupation ou d’une recherche partagées.

Plusieurs sortes d’accompagnements sont possibles et envisageables :

  • - l’accompagnement de formes diverses d’interventions sociales ;
  • - l’accompagnement de la professionnalisation spécifique qu’exige la posture ergologique, dans différents champs professionnels ;
  • - l’accompagnement de projets portés par d’autres entités, qui reconnaissent dans l’ORT une ressource avec laquelle construire un partenariat, un dialogue ;
  • - l’accompagnement des étudiants en ergologie (ou ayant des modules d’ergologie), dans leur entrée dans l’« inconfort intellectuel » que demande la posture ergologique ;
  • - l’accompagnement de groupes de travail, de projet ou de réflexion plus ou moins formels, œuvrant pour les transformations souhaitées
  • - l’accompagnement de personnes, sensibles aux questions traitées au sein de l’association, vers la découverte du patrimoine ergologique et de la vie associative ;
  • - …

Ces accompagnements peuvent prendre des formes différentes :

  • - des liens informels entre personnes (entre adhérents, adhérents et non adhérents)
  • - des lieux et espaces formalisés de rencontre et de travail (groupe de travail, café rencontre, etc.)
  • - l’organisation d’événements (conférences, universités d’été, débats…)
  • - la mise à disposition de ressources (via le site internet, notamment)
  • - la création de dispositifs d’accompagnement et/ou de retours d’expérience (ponctuels ou pérennes), à la demande et à l’initiative des adhérents
  • - la formalisation de partenariats avec d’autres structures (entreprises, organisations, associations, etc.)
  • - …

A partir de cette diversité des formes d’accompagnement, la notion d’intervention est élargie à toute forme d’intervention sociale, de présence dans l’espace public, ou dans des organisations, pour y faire vivre une démarche ergologique, avec d’autres, quel que soit le support de cette démarche. Une activité de recherche, la direction d’un organisme public ou d’une entreprise, la réalisation d’une mission de conseil, l’ingénierie d’un dispositif de formation et de professionnalisation, l’engagement dans une action militante ou une activité politique, si réalisés dans un esprit ergologique, sont autant de formes différentes d’intervention dans le champ social pour y mener des tentatives renouvelées de construire des ponts entre des trajectoires singulières et un monde commun à construire.

L’organisation et les règles de gouvernance

Une association visant un intérêt général

  • construire les conditions d’une reconnaissance institutionnelle de l’intérêt général
  • pas d’activité marchande

Des règles de gouvernance : rôle et responsabilités

  • CA (règles de renouvellement à reconsidérer et à mettre en œuvre)
  • groupes locaux et groupes de travail
  • adhérents

Favoriser les initiatives des adhérents, éviter un pilotage trop centralisé

Aborder le problème de l’éclatement géographique et la portée internationale de l’ORT (avec le Brésil, en particulier, éventuellement d’autres pays)

Le financement de l’association

  • les cotisations des adhérents
  • des subventions et/ou des dons (sous différentes formes) : contrepartie de la reconnaissance de l’utilité et de l’intérêt général, de la valeur de l’activité de l’association par des acteurs (entreprises, individus, institutions…)
  • des conventions de partenariat : financement du fonctionnement associatif dans le cadre de projets partagés avec d’autres organisations

L’organisation : le dispositif concret pour faire fonctionner l’association

  • réunions
  • communication interne : circulation d’informations et de productions
  • communication externe : promotion de l’association, présence dans d’autres lieux d’échanges, dans des événements pertinents
  • événements internes et ouverts au public externe