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Rencontre entre le café ergo Parisien et les auditeurs du CNAM

lundi 1er juin 2015 RAGAZZI

Retour sur la rencontre du Café Ergo parisien au séminaire d’Yves Schwartz du CNAM, le 7 mars 2015

«  Quand le Café Ergo’ Parisien s’installe - pour une matinée- à la terrasse du CNAM...  »

Le 7 mars dernier, sur la proposition de l’Association ORT, Yves Schwartz a ouvert les portes de son séminaire à un petit groupe du Café Ergo Parisien afin d’informer de cette initiative les auditeurs au Master 2 « Analyse du travail et développement des compétences » de la Chaire « Formation des adultes » du Cnam.

Il faut dire que tout a commencé précisément là, en 2011 ; Yves Schwartz avait assuré un séminaire autour de la démarche ergologique initié par une question de départ : « Légitimité conceptuelle : quelle place pour l’ergologie dans un Master Professionnel du Cnam ? » et, le dernier jour, un petit groupe s’était retrouvé dans un café pour y poursuivre la discussion... car il fut impossible d’en rester là tant les invitations réflexives avaient été nombreuses et que l’envie de se retrouver pour échanger était forte. Pourtant ce petit groupe informel s’était de suite dissipé après (petite entité composée d’auditeurs du Cnam que la fin du séminaire avait pu rassembler).

... Alors, l’un des membres de ce petit groupe (en rejoignant l’ORT) a eu l’idée, quelques années plus tard, d’ouvrir un espace de rencontre pour réfléchir ensemble, autour de la question du travail, et sous l’engagement d’une démarche ergologique, faisant ainsi naitre le Café Ergo Parisien, en 2013 (cf.Page d’accueil/Pôles locaux/Pôle Parisien)

Ce retour le 7 mars dernier a donc été initié avec l’ORT, par la volonté de créer du lien, avec le Cnam et ce, dans l’esprit même de ses statuts : « Les groupes fédérés par l’ORT travaillent sur les problèmes posés pars les situations de travail, avec les protagonistes de celles-ci. L’activité de ces groupes se développent – en amont, en aval, en simultané – avec ces interventions – dans le cadre du réseau (...) : dispositif tripolaire ».

Quatre acolytes du café se sont donc emparés de cet espace offert alors par Yves Schwartz (lui même particulièrement favorable pour cette initiative) pour y raconter cette expérience, tout à fait singulière « L’ergo café parisien... c’est quoi ? » Afin de restituer la dynamique du café, l’échange a commencé par une tranche de vie du café : un petit audio de 15 mns dans lequel, dans une ambiance café, les participants ont pu apporter leur témoignage et leur projet : une forme d’immersion en situation préparée par le groupe, à cette intention : « Un temps près de la maison (...) » ; « Un truc encore indéfini, en construction, en devenir où l’on peut s’appuyer sur le regard des autres pour penser le travail, pour essayer de penser ». « Ergologie autour d’un verre cela peut surprendre... comment l’activité humaine, surtout dans le travail, peut se réfléchir dans un café ? » « Comment faire en sorte que les échanges se passent entre semblables pour découvrir que ce qui se joue dans son usage de soi est déterminant pour soi, mais aussi pour les autres (...) » « La vie citoyenne souffre de l’absence de lieux où l’on prend le temps de découvrir ce qui se travaille dans l’activité... l’existence de ces cafés offre ces lieux » « J’ai découvert comment la ‘matière ergologique’ pouvait m’être utile dans mon approche professionnelle... au travers du regard que je peux désormais porter grâce aux échanges riches, intéressants et nourris par ces cafés » ; « Le café ergologique dans l’approche que nous avons initiée visait à partir notamment de cas concrets pour imaginer ce que pouvait apporter l’ergologie, le regard ergologique, dans le quotidien : au travers de l’expérience professionnelle, j’ai pu proposer quelques thèmes qui m’animent notamment (...) ; « Quels regards ergologiques sur l’évaluation professionnelle, sur le recrutement, sur l’animation d’une équipe ?... des thèmes qui ont permis d’échanger en toute transparence et en toute amitié (...) » ; « Dans le militantisme politique ou syndical, l’activité s’engage, avec ses débats de normes et de valeurs, d’une grande intensité (...) ; « Le Café ergo est le fruit d’une aventure... une volonté forte de regarder l’activité dont le travail (...) nous venons d’univers professionnels différents, nous occupons des postes variés, nous avons une histoire politique, syndicale, associative différente ou pas du tout (...) nous ne parlons pas toujours avec les mêmes mots, ce qui suggère des débats... » ; « Le propos est toujours de s’écouter, de débattre, de faire ensemble... en tout cas, de tirer les fils pour mailler cette histoire ergologique qui habite dorénavant nos professionnalités ». « (...) on verra comment on pourra transformer, on a au moins cette conviction profonde, notre démarche est modeste, notre engagement est sûr... et qu’est-ce que ça fait du bien ! »

Cela a suffit pour lancer la discussion sur la nécessité de s’octroyer cet espace et faire vivre ainsi, dans nos professionnalités, la force du projet ergologique. Yves a pu soutenir notre propos en évoquant le fait que ces rencontres (qui pouvaient prendre la forme de ces cafés ou de Groupes de Rencontre du Travail – GRT- également) rendaient possible la démarche qu’il s’était attelée à présenter au cours de son séminaire et justement ce en quoi, ces cafés – sous une forme conviviale - participaient à une aventure certaine pour mettre en commun des interrogations sur la vie professionnelle et faire se rencontrer, se mettre en réseau, des personnes qui veulent s’interroger. Il avait eu l’occasion de participer - peu de temps avant - à l’un de ces cafés à Toulouse et avait pu vivre en situation ce que pouvait produire ce type d’initiative. Il nous donnera aussi d’autres clés de lecture afin de mieux saisir comment justement de telles initiatives « favorise la mise en épreuve et en expérience de la démarche ergologique, elle même ».

Nous avons aussi pu témoigner de ce que cela offrait comme possibles pour questionner nos situations de travail ; un espace co-construit où il s’agissait bien de s’inscrire dans un dispositif tripolaire, d’où la nécessité d’une certaine forme de rigueur pour faire vivre le projet. Des questions ont alors été posées autour de nos manières d’animer ce café et ses débats. Nous avons donc expliquer comment il s’était peu à peu construit par le groupe lui-même, avec toute la force que cette démarche induit mais également avec ses écueils : des débats passionnés, souvent « bouillonnants », débordant très souvent le cadre prescrit mais soutenus par un vrai projet : ...D’une thématique proposée par un animateur, d’une lecture, de l’émergence d’un questionnement, d’un récit d’expérience, d’une situation professionnelle de l’un d’entre-nous (toutes les formes sont permises et les innovations invitées)... le débat s’engage en veillant à ce que la parole circule dans le groupe ; elle se prend librement et personne ne peut avoir la posture du « savant » (celui qui aurait la suprématie des savoirs). Néanmoins, chaque fois, des liens sont tissés avec la pensée ergologique ; le vocabulaire de ce patrimoine vient éclairer le propos dès lors qu’il y a matière à donner des clés de lecture et de compréhension ; ainsi, ceux qui – dans le groupe – ont été formés habitent alors plutôt une posture de guide pour faire se rencontrer les concepts, repérer ceux qui émergent des situations, et ouvrir les voies possibles d’une « réflexion ergologique » ... avec tout ce qu’il peut y avoir « d’inconfort », mais avec la conviction certaine que les pensées s’invitent et que la réflexion se co-construit. Le projet du groupe est d’éviter absolument une forme de café-conférence qui ne rendrait pas possible le questionnement partagé.

L’initiative a séduit le groupe d’auditeurs de la promotion actuelle du Master. De nombreuses idées ont été données afin d’essaimer ce type d’initiative (nous avons pris note de ces propositions, notamment celle d’accompagner les promotions futures à construire leur propre espace de réflexion – en amont et en aval du séminaire d’Yves Schwartz – et ce, afin de les aider à investir les invitations réflexives de cette posture particulière qu’ils développent pendant leur formation : professionnels en intervention et auditeurs en réflexion).

Mais dans l’immédiat, il fut question de maintenir ce lien et d’inviter la promotion du Cnam au prochain café ergo qui se tiendra le 3 juin prochain (cf page d’accueil) et/ou au dernier café qui s’organisera vraisemblablement début juillet : un lien à nouer et un réseau à tisser pour déployer encore davantage cette initiative.

Nous avons largement dépassé le temps octroyé par Yves Schwartz (la rencontre a été plus engagée que nous l’imaginions...) et nous souhaitions le remercier de nous avoir laissé nourrir ce temps d’échange, qui va participer – nous en sommes convaincus – à faire vivre ce projet... encore « en devenir ».

Nadia pour l’ORT.

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